Contrairement aux pierres précieuses qui requièrent toute l’habileté des tailleurs pour briller de milles feux, la perle, est entièrement façonnée par l’huître dans son écrin de nacre. Elle est le fruit magique de l’alliance de l’animal et du minéral.
L’activité perlière existait à travers le monde bien avant la naissance du Christ. En Orient, en Inde, en Asie, en Perse quantités de légendes en témoignent. Dans une lointaine contrée, on affirmait la perle issue de la rencontre de l’arc en ciel et de l’océan; ailleurs, elle était engendrée par les larmes des anges ou des sirènes. Dans la Grèce antique elle devenait goutte de rosée tombée du ciel durant les nuits de pleine lune et emportant dans les océans un peu de lumière magique de l’astre. Les Chinois introduisaient dans le manteau de l’huître une effigie de Bouddha autour de laquelle patiemment, la nacre venait se déposer.
L’exploitation de l’huître perlière de Tahiti n’a débuté qu’au début du siècle dernier. A cette époque, les bancs d’huîtres perlières des Tuamotu et des Gambier constituaient probablement les dernières réserves mondiales intactes. La perle fine était alors renommée pour sa valeur, dûe notamment à sa grande rareté puisqu’il fallait ouvrir 15 000 huîtres perlières pour en trouver une. Ce qui la fit qualifier de «Reine des Perles» ou «Perle des Reines».